Le corrigé du test et la grille d’évaluation des élèves
Le billet en format pdf…plus agréable à lire…
Analyse des résultats des élèves
Trois critères principaux en fonction des objectifs fixés ont été évalués. Il s’agissait dans un premier temps de regrouper des images par thèmes, dans un deuxième temps d’effectuer une micro analyse d’une image et, dans un troisième temps, de créer une histoire à partir des images étudiées. Ces trois critères n’avaient évidemment pas la même pondération. La rédaction rapportait le plus de points, suivi de la micro analyse d’image et enfin des thèmes. Cela correspond à la difficulté des tâches demandées.
On peut remarquer que sur l’ensemble du test, le seuil de 50% de réussite a été atteint par la moyenne de tous les élèves. L’objectif était d’avoir un 60% de réussite pour cette moyenne. Les élèves ne l’ont clairement pas atteint, mais prenons les résultats les uns après les autres et en fonction des exercices. En ce qui concerne l’exercice concernant le regroupement d’images sou l’égide d’un même thème, les élèves ont eu de la peine a cerner ce que les images représentaient ensemble. Sur les 12 élèves évalués, seul le 50% a réussi à donner un thème correct. Ce qui est intéressant de noter pour cet exercice, c’est que les élèves plus « faibles », c’est-à-dire ceux qui ont obtenu les moins bonnes notes, se sont bien débrouillés et certains (élève 1 + 5) ont même atteint le seuil de réussite ! La correction de l’exercice laissait la place à plusieurs réponses possibles et l’éventail était assez large. Toutefois certains élèves ont visiblement mélangés les groupes d’image, pourtant séparés par des couleurs bien visibles. En ce qui concerne les images, certaines étaient plus difficiles à cerner que d’autres, ce qui a pu porter à confusion pour certains élèves.
La micro analyse des images à longuement été travaillée en classe durant toute l’année. Deux images étudiées étaient présentes dans le test également. Mais à ma grande déception, les élèves ont eu énormément de peine à réaliser la tâche demandée. Ils ont posés beaucoup de questions auxquelles je me suis efforcé de répondre brièvement ou pas du tout. Là aussi ce ne sont que 50% des élèves qui réussissent à atteindre le seuil de réussite. Le moins bon élève n’obtient que 8,5 pts sur 24 et le meilleur seulement 17,5pts ! Le seuil des 60% était fixé à 14 pts. Dans cet exercice les élèves qui ont le mieux réussis sont les élèves qui sont les plus « observateurs de la classe. Le fait de devoir décrire une image les a servi. A l’intérieur de cet exercice, ils devaient donner un titre, la nature et décrire l’image. Ce qui leur a posé le plus de problème et la définition de la nature de l’image (41,7% des points en moyenne). C’est effectivement ce qui était le plus difficile et aussi ce qui était juste ou faux. Le titre et la description rapportaient, avec un peu d’imagination, souvent des points. La moyenne des points obtenus pour le titrage des images est de 68,2% ce qui veut dire qu’en moyenne les élèves ont vu ce que représentait l’image. De plus ils ont réussi à exprimer cette représentation ce qui est positif. La description des images a été mitigée en obtenant 54,2% de réussite. Des éléments manquants, des données fausses ou imprécises ont fait perdre des points aux élèves. L’efficacité de la description devra être revue.
La rédaction à partir des images laissaient d’une part le champ libre aux élèves, mais d’autres part les forçaient à exprimer ce qu’ils savaient sur les sujets abordés durant le cours et durant la séquence précédent celle évaluée par ce test significatif. Dans cet exercice les élèves ne s’en sont pas très bien sortis. Cela peut être dû à plusieurs facteurs qui seront étudiés dans l’analyse du dispositif d’évaluation entre autres. Ce que l’on peut noter c’est que 46,3% sont obtenus en moyenne par les élèves, ce qui est faible. Le seuil de réussite n’est atteint que par trois élèves et de justesse ! Cela veut dire que les ¾ des élèves n’ont pas réussi la tâche demandée, ce qui nécessite absolument une remédiation. Elle sera détaillée dans la partie suivante. La rédaction faisait intervenir les élèves dans plusieurs domaines : Les technologies, la religion. Le traitement des Aztèques et la relation (militaire) entre les Aztèques et les Espagnols. Ce qui a clairement le moins été compris par les élèves est l’avancée technologique que connaissait la civilisation aztèque. Seuls 28,3% des points ont été obtenus par la moyenne des élèves ! La religion obtient plus de succès, mais reste encore obscure pour les élèves qui obtiennent 45,2% des points. Les traitements des Aztèques par les Espagnols en revanche est un thème que les élèves ont bien compris et assimilé. L’esclavage, la mise au pas de la population et le problème démographique abordé dans le cours ont trouvé leur public. 62% des points ont été obtenus en moyenne pour cette partie. La relation entre les Espagnols et les Aztèques, l’ambivalence qu’elle constitue (amis – ennemis, Dieux – envahisseurs) n’a pas été totalement saisie (42.4%). Les détails se trouvent sur le tableau d’analyse joint. 5 élèves obtiennent la moyenne et 7 sont en dessous du 4. Un seul élève atteint les 3 critères de réussite.
Elève 1 :
Cet élève est le moins bon du test. Il obtient toutefois le seuil de réussite au premier exercice. Il arrive donc à cerner ce que les images représentent. Lors de l’analyse d’image, il n’obtient qu’un tiers des points. La difficulté est plus grande au niveau taxonomique ce qui commence à lui poser problème. Sa principale difficulté est de donner la nature de l’image dont il n’obtient sur les 4 images que 0,5 pts. Dans l’ensemble le titrage est assez bien fait et lui rapporte la plupart des points. Par contre la description est sommaire, incomplète ou absente !! Cet élève ne se sent pas concerné par les tests (pas seulement en histoire). Quand on lui demande de mobiliser ses compétences pour effectuer une rédaction, il s’effondre et obtient 5 points sur 37,5 ! Son texte se compose de trois lignes qui n’ont pas de sens et les consignes ne sont pas suivies. Il n’utilise pas les images de l’exercice précédent.
Elève 8 :
Cet élève obtient au final la note de 3,86 qui va être forcée à 4. Il se situe à la limite entre réussite et échec. Il atteint le seuil de réussite à 2 exercices sur 3. Il réussit l’exercice des thèmes ce qui là aussi montre sa capacité à cerner les images. La description des images par contre a été plus difficile. Pour lui aussi définir la nature de l’image a été très complexe ! il n’obtient presque pas de points. Le titrage est mitigé. Certaines images le titre visiblement s’impose à lui et pour d’autres pas du tout. La description est aussi en dent de scie. La compréhension d’une image était erronée et il a perdu un certain nombre de points. D’un autre côté, il effectue une très belle description de l’image 10 ! La difficulté sera de voir si l’incompréhension de l’image est due à une mauvais interprétation ou alors à des connaissances erronées. La rédaction quant à elle a atteint le seuil de réussite. Un texte bien ficelé, mais manquant d’informations et un oubli lui ont fait perdre les points qui auraient pu lui faire grimper l’échelle des notes.
Elève 12 :
Cet élève a atteint le seuil de réussite aux 3 exercices. Pour le premier exercice, il obtient le même nombre de points que ses deux camarades. Sa force dans la description d’images a été la description elle même. Détaillée, précise et concise à la fois, il obtient souvent le maximum de points. Le titrage est aussi bien fait ce qui s’additionne à la description. Par contre la nature de l’image est pour lui également incomprise. Ce thème sera à revoir c’est sûr ! Au final pour cet exercice il obtient 17 points sur 24. Sa rédaction était la meilleure de la classe (24/37,5). Il obtient des points dans toutes les sous-parties, suit les consignes (ce qui n’est pas négligeable), insère les images, comme demandé, en les citant et construit son texte de manière très intéressante. On peut constater qu’il a dû mobiliser un certains nombres de compétences pour arriver au texte qu’il a écrit et ces dernière le portent vers la réussite du test ce qui est bon signe !
Propositions de remédiations
Plusieurs propositions de remédiation peuvent être apportée pour les élèves. Je vais tenter de les exprimer pour chaque exercice. Dans un premier temps, le contexte n’aide pas les élèves à avoir une vision sur le long terme et surtout à travailler en se rappelant ce que l’on fait de semaine en semaine. L’apprentissage est décousu ce qui ne sert pas mes objectifs. De plus lorsqu’il y a eu les tournois c’est pratiquement deux semaines sans que je voie mes élèves.
En ce qui concerne l’exercice sur le regroupement d’images sous différents thèmes. Durant l’apprentissage les différents thèmes ont clairement été abordés. L’idée ne serait pas de séquencer plus l’enseignement pour garder une cohérence du sujet étudié. Il faudra toutefois que j’insiste plus sur les éléments qui composent une civilisation comme celle des Aztèques tout comme une autre civilisation. Travailler sur ce thème « civilisation » peut être une piste. La sélection des images pourrait également être différente ce qui pourrait faciliter le travail des élèves. En prenant des images où plusieurs objets, repères se trouvent, et qui ont déjà été vu en classes, les élèves seraient plus à même de résoudre la tâche.
La description d’image a été travaillée depuis le début de l’année avec l’histoire suisse et nous a suivi durant tous les deux semestres. Pourtant quand on voit les résultats, ceux-ci sont mitigés. Pour améliorer l’analyse au niveau de la nature de l’image, je pense qu’il faudrait présenter plus d’image légendée ou insérées dans un texte original afin que les élèves se rendent compte de ce qu’est la nature de l’image et à quoi ça sert ! Je ne l’ai peut-être pas assez fait. De plus, étudier à la suite plusieurs images de même nature pourrait les aider à imprimer dans leurs têtes différentes nature d’image. Du point de vue organisationnel, je tenterai d’être plus rigoureux avec mes élèves de 7VSO en abordant ce sujet et en construisant des fiches « cartésienne » pour que leur apprentissage soit peut être plus basique mais efficace ! Le titrage des images était assez bien fait. Les propositions de remédiation rejoignent celle du paragraphe sur la thématisassions des groupes d’images. Donner un titre concis n’est pas si simple mais a réussi aux élèves. Pour la description à proprement parler, là aussi je pense qu’une plus grande rigueur de ma part dans la présentation de ce qui est demandé sera établi. Le contexte d’une période par semaine me force à avoir un enseignement très cadré et les traces laissées sont d’autant plus importantes. Ces traces n’ont pas été assez efficaces. Un tableau avec les éléments à observer systématiquement pourrait être fait. Systématiser leur apprentissage est un challenge à relever avec ces élèves qui zappent d’une chose à l’autre…la chaine histoire n’est pas la plus prisée J. Je pense également que faire des liens avec des images actuelles et des images passées et les analyser en parallèle serait intéressant pour les élèves et les mettrait en contact avec ce qu’ils vivent tous les jours.
Pour la rédaction, plusieurs petits textes ont dû être rédigé durant l’année. Ils servaient de synthèses ou de résumé. Ces textes ont été corrigés par l’enseignant et un travail a également été fait sur la rédaction. De ce côté là, le temps à disposition pour le test (45min) a peut être aussi eu un rôle sur la qualité des textes. Il ne faut pas le négliger. Toutefois pour améliorer le niveau des élèves, il faudrait peut être les impliquer plus personnellement dans l’histoire. Effectuer des jeux de rôles, projeter plus de film (les élèves s’identifient énormément aux films) et aussi tenter d’écrire de manière plus régulière sur comment ils vivraient telle ou telle chose s’ils vivaient à l’époque étudiée…
Analyse du dispositif d’évaluation
Le dispositif d’évaluation choisi devait être en ce qui me concernait multiple. En effet afin qu’un élève ou un autre ne soit pas trop pénalisé si le mode d’évaluation de lui convenait pas, un autre exercice pouvait tout de même attester des compétences qu’il a pu acquérir durant les différentes séquences d’enseignement. Pour ce faire les trois exercices proposés, même si la pondération était différente permettaient d’offrir cette possibilité aux élèves. Dans mon test, l’élève était vraiment « amené à identifier, puis à exploiter de front les connaissances utiles pour réaliser la tâche demandée ». [1] De plus comme expliqué les élèves avaient été confrontés plusieurs fois à la démarche d’analyse des images ce qui va dans le sens d’une évaluation significative. Pour vérifier si la situtation d’intégration proposée dans mon test est cohérente, j’ai repris le tableau proposé par Roegiers[2]
Caractéristiques d’une situation d’intégration
| Complexe | Des problèmes complexe et précis sont posés aux élèves (titre, nature, description). Une tâche globale reprenant ces problèmes est proposée (rédaction) |
| Vise l’intégration des acquis | Il ne s’agit pas de savoir-refaire. D’une part les images ont changé et d’autre part, la production écrite demandé ne peut pas être transférée d’un sujet à l’autre avec du par coeur |
| Significative | L’implication personnelle dans le travail, pour apporter du sens à l’élève est amenée par la rédaction personnelle et la production d’une description d’image propre à sa vision des choses |
| Appartient à une famille de situation | Par rapport à ce qui a été fait en préparation du test (cf billet ci-dessus), les exercices sont nouveaux dans leur forme, mais semblables dans leurs structures |
| Disciplinaires | Les problèmes posés sont spécifiques à l’Histoire et au champ d’étude évalué, à savoir les civilisations précolombiennes (Aztèques) |
| Vise l’autonomie | L’enseignant n’intervient pas dans le test, c’est à l’élève seul de proposer un texte cohérent avec les données qu’il connaît en utilisant les images étudiés à l’aide des compétences qu’il devrait avoir développé |
Dans la forme d’évaluation proposée, il est normal que la rédaction ait le plus de poids au niveau des points. Cet exercice me permet vraiment de voir si l’élève a acquis un certain nombre de compétence ou non ! Dans l’exercice d’analyse d’image, l’élève peut remettre en pratique des procédures, il est vrai. Toutefois pour la rédaction il est obligé d’exploiter, de mobiliser et d’avoir intégré conjointement des savoirs et des savoirs-faire pour résoudre la tâche demandée ![3] En cela je trouve cet exercice très efficace pour se rendre compte des acquisitions des élèves.
J’ai tenté de concevoir mon dispositif d’évaluation en faisant attention à rester dans dans la même famille de situations qui définit la compétence. Parti de la compétence, je me suis intéressé aux supports à traiter (sélections d’images pertinentes et représentatives pour les élèves), à la production attendue (Identification des documents, puis rédaction avec des traces pertinente du champ d’étude évalué) puis aux ressources, c’est-à-dire aux savoirs (outils d’investigations apportés durant la séquence d’enseignement) et aux savoirs-faire (procédure pour l’études des images et pour les rédactions).[4] En cela j’estime que mon test et surtout la rédaction m’a permis d’évaluer les compétences proposées au départ à mes élèves. La capacité de déterminer un ensemble d’image a posé beaucoup de problème aux élèves. Peut-être au vu de la durée du test, cette tâche était en trop. Elle leur apportait une aide potentiel pour séquencer leur rédaction, mais elle ne leur a visiblement pas servi. A refaire, je supprimerai cet exercice pour que les élèves se centrent sur LA tâche, la rédaction.
Toutefois, à la question « quels moyens ai-je mis en œuvre pour assurer le suivi du plus grand nombre d’élève », ma réponse est nuancée. Dans la gestion des apprentissages, la différence des élèves et leur immense différence de motivation en a laissé beaucoup (trop ?) à côté de ce que je voulais faire passer. Dans l’analyse des erreurs et la construction des compétences, en référence à Bloom[5], le niveau de taxonomie est quand même élevé pour les élèves que j’ai et je me pose la question : sont-ils capable dans cette branche avec les compétences demandées d’atteindre des niveaux taxonomiques entre 4 et 6 ?
Sûrement, mais dans ce cas ma séquence d’apprentissage n’est pas assez précise, ni efficace. La cohérence pédagogique de mes actes est encore à améliorer, surtout pour passer du concert à l’abstrait et ne pas apporter de l’abstrait en espérant évaluer du concret ![6]
Je pense que mon dispositif d’évaluation était cohérent et qu’il peut bien sûr être amélioré dans son organisation (temps, nombre d’image à étudier etc..) Mais je pense que c’est la gestion des situations d’enseignements et d’apprentissages proposées avant le test qui doivent être en premier lieu améliorer car la cause réside plus souvent dans ce qu’on a mis en œuvre pour leur faire apprendre que dans les consignes du test…quoi que…
Bibliographie
• Bouhow M., Dourboise M. (2002), Evaluer des compétences en classe d’histoire, Louvain-la-Neuve
• De Vecchi G. (2000), Aider les élèves à apprendre, Paris
• Hensler, Therriault (1997), Quelques questions clés pour analyser une séquence d’enseignement-apprentissage selon 5 axes
• Legendre R. (1993), Dictionnaire actuel de l’éducation, Montréal
• Outil d’évaluation des compétences pour les humanités générales et technologique (2005), Histoire tableau des tâches
• Roegiers X. (2003), Une pédagogie de l’intégration, p.228, Louvain-la-Neuve
[1] Bouhow M., Dourboise M. (2002), Evaluer des compétences en classe d’histoire, Louvain-la-Neuve
[2] Roegiers X. (2003), Une pédagogie de l’intégration, p.126-131, Louvain-la-Neuve
[3] Roegiers X. (2003), Une pédagogie de l’intégration, p.228, Louvain-la-Neuve
[4] Outil d’évaluation des compétences pour les humanités générales et technologique (2005), Histoire tableau des tâches
[5] Legendre R. (1993), Dictionnaire actuel de l’éducation, Montréal
[6] Hensler, Therriault (1997), Quelques questions clés pour analyser une séquence d’enseignement-apprentissage selon 5 axes